LES ARDENTS ARDECHOIS DE COEUR

Mardi 3 mai 2016

Road trip en car en traversant la France pour atteindre l’Ardèche. Sur le trajet, pause à Saint Christophe sur Dolaison, sur le chemin du Puy, parce qu’il faut bien se sustenter et à l’Auberge Rouge de Peyrebeille en bon voyeur frissonnant d’horreur sur ce haut lieu de crimes. Arrivée à notre base de loisirs en banlieue de Vallon Pont d’Arc à temps pour enfiler les chaussures de marche et ainsi, comme le renard, marquer sur place notre nouveau territoire.


1° tableau – Si chaque siège du car avait pu avoir des pédales

A 6 plombes du matin, un Ardent est tout sauf ardent, juste à trouver la force de monter dans le car Bellanger, une fois la soute remplie à en faire tomber les sacs de l’autre côté et de reprendre sa nuit là où il l’avait laissée chez lui. Voyage long, l’Ardèche ayant eu la mauvaise idée de se placer loin de notre Périgord. Une première partie faite de somnolence hormis peut-être Rudi le chauffeur et puis, au fil de la matinée qui s’avance, une sortie progressive de la torpeur générale, peut-être à cause d’un estomac qui se rappelle aux bons soins du reste du corps.

La pause méridienne se fait dans le petit village de Saint Christophe sur Dolaison où la chaleur n’est pas à son niveau le plus haut, en d’autres termes on se caille grave en regardant transiter le flot de pèlerins, leurs crédenciales dans la poche, tout frais issus de la cathédrale du Puy avec le regard fixé sur celle de Saint Jacques de Compostelle.

Une petite pause sera demandée avec insistance par votre serviteur à hauteur de l’auberge de Peyrebeille. Les vieux numéros de Détective de l’année 1833 devaient parler avec effroi de l’aubergiste du lieu, un dénommé Blanc (comme neige ?) qui arrondissait ses fins de mois en trucidant ses clients obligés de passer la nuit dans son estaminet. Déjà un assujetti au travail de nuit ! L’endroit est sordide aisément en hiver car des vents mauvais, on parle de la burle dans le coup, balayent ce secteur situé à quelques 1.260 m d’altitude. L’excellent film de Claude Autant-Lara peut facilement se revoir avec Fernandel.

Déjà à ce niveau, nous sommes en territoire ardéchois, il suffit au car de se laisser glisser du nord vers le sud jusqu’à Vallon-Pont d’Arc, enjamber l’Ardèche omniprésente et au bout de Salavas, les Flots pourquoi pas, freiner des quatre fers au domaine des Blachas.


2° tableau – On est chez nous, on y reste !

Prise de possession de nos appartements dans de charmants bungalows de 4 places. Puis au son du cor, la troupe se reconstitue pour éliminer les fourmis envahissant de plus en plus les gambettes. Sous le contrôle de Chantal qui beaucoup sur le projet plancha (avec barbecue, ça ne marche pas !), voilà la troupe lancée à même le sol du camping.

Une marche en direct live présente toujours des impondérables et des sans issues peuvent fleurir à chaque bout de chemin. Le temps tout de même de longer cette belle Ardèche, bien large et tonique et de penser déjà à l’annexion du réfectoire. Ce sera chose faite avant 20 heures et les plats repartiront à l’office aussi tondus qu’un mouton après l’activation du sécateur.

Des zzz – zzz – zzz traverseront longtemps la nuit calme, les pompiers, voisins dans le camping, n’intervenant que pour des bzz – bzz – bzz et autres avatars !

TOUTE UNE JOURNEE A BALAZUC ET UNE SOIREE AVEC JEAN FERRAT

Mercredi 4 mai 2016

Balazuc le matin en visite, Balazuc l’après-midi En Marche ! comme Macron, Ruoms sur le retour en visite et un spectacle sur Jean Ferrat en soirée. Pas moyen de caser autre chose dans cette journée surbookée !

1° tableau – Première visite d’un beau village ardéchois, y en aura d’autres !

Une fois les yeux ouverts, les Ardents ne restent pas longtemps les deux pieds dans le même sabot. Passage après 8 heures au réfectoire pour voir s’il y a de la lumière et aussi pour ingurgiter un petit déjeuner consistant puis chacun se hisse (et haut) dans le car de Rudi pour connaître, une heure de route après, Christophe le guide de Balazuc, un gars du crû. A l’entrée de ce village de caractère, le Christophe en question barre la route au car et les Ardents font rapidement cercle autour de lui à la façon des Indiens en quête d’un scalp. Une casquette à la Gavroche retient les derniers cheveux du caillou et, après une introduction in situ, la visite peut commencer.

Notre cicérone connait sa ville sur le bout des doigts, pieds compris, et se montre intarissable sur les trésors du village. Les vieilles maisons possédaient toutes une cave à eau, chez nous, le vin aurait eu la primeur et, à l’ombre de micocouliers nombreux dans la ville, les palétuviers étant plus disparates, Christophe étale son savoir comme les Ardents viennent d’étaler le beurre sur leurs tartines.

Première pause en contrebas de la verticale église actuelle à la grande croix, passage au sarcophage paléochrétien en copie. La foule à peine disciplinée perturbe un peu l’écoute et les mots de Balazuc et sarcophage peuvent facilement être déformés en Baladur et Sarko. Le vieux castel du 12° siècle qui jouxte l’église Sainte Madeleine du 11° au clocher peigne transformée en salle d’exposition et un vieux donjon carré du 13° sont les témoignages vivants d’un lourd passé médiéval. Sans oublier les restes de l’homme de Néandertal venu chasser dans le coin il y a 50.000 ans. Excusez du peu !

Les Ardents suivent leur guide comme des canetons leur Mère Cane. La progression se fait dans un effort dissimulé dans l’intérêt apporté aux propos du cerbère car les ruelles ou calades sont rarement plates, recouvertes de vieux pavés, les passages de voûtes nombreux et les jambes bien sollicitées.

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Midi, à défaut d’être l’heure du crime réservée au collègue de la nuit, voit la troupe rappliquer aux abords du car resté en stand by à l’entrée du village et le petit espace fleuri près de lui sera propice aux agapes du pique-nique. Dans Ardents, il y a « dents » !

2° tableau – Du Balazuc encore dans le cadre d’une marche

Une fois le cimetière à poulets contenté, le départ de la marche est prononcé. Descente à l’indienne large, de la rue principale jusqu’au pont de 1887 remplaçant un vieux gué datant de l’Antéchrist. Ouvrage impressionnant car la rivière Ardèche, capable de bien des débordements l’hiver, a besoin d’un lit hors normes. Une fois sur l’autre rive, prise à main gauche d’un petit chemin tranquille en bordure de l’Ardèche. Spectacle charmant que cette rivière ondulant de plaisir entre des berges verticales. Canoës et kayaks, déjà, glissent sur son eau limpide.

Le chemin s’élève un peu dans la rocaille et pénètre de manière intimiste dans Vieil Audon, petit hameau reconstitué de manière coopérative. Le côté baba cool d’une absence de responsabilité clairement établie donne au lieu un ressenti de foutoir, sympathique certes mais foutraque sûrement.

A la sortie, le chemin retrouve ses droits et va se transformer en sentier dans une garrigue totalement maîtresse des lieux. La nature y est belle, la troupe en pleine forme et les échanges sont hauts en couleur. Passage en petit aller retour à la tour pseudo génoise qui domine toute la vallée.

7,8 km seront comptabilisés au total après avoir vainement cherché le ruisseau Chadenas, si exsangue qu’il boirait la mer et ses poissons. Sur la fin du parcours, passage entre les vieilles maisons de Servière aux pierres chauffées par un soleil bien acteur. La reprise du pont se fait, comme dab, très échelonnés, la traversée du village se fait plutôt perso ou en petites grappes et le car retrouve son contingent au complet pour la suite du feuilleton.

3° tableau – Ruoms en deuxième visite

Faut la faire courte cette visite, et elle le sera. A peine lâchée du car, la troupe s’éparpille dans le vieux Ruoms, ancien pays de brasseries délimité par de vieux remparts. Un coup d’œil à l’église Saint Pierre des 11/12°, quelques pas autour des 7 tours d’enceinte, un petit tour au manège de bois rétro et hop, le tour est joué.


4° tableau – Spectacle Jean Ferrat

Retour vitesse grand V pour se préparer pour le soir. Autant dire que douche et repas sont exécutés avec la plus grande célérité. Une heure de car dans la nuit tombante pour atteindre N.D. de Lablachère et sa ferme théâtre. Un comédien, Jean Marc Moutet, se met dans la peau de Jean Ferrat et avec des accessoires vidéo et audio reconstitue la vie du grand artiste retiré en Ardèche. Beaucoup de sensibilité aux évocations qui remuent tant de beaux souvenirs

MARCHE DES BLACHAS A LA GROTTE CHAUVET

ET VISITE DE CELLE-CI

Jeudi 5 mai 2016
Départ de la longue marche de 17 km depuis Les Blachas, passage à Salavas et Vallon Pont d’Arc, puis long trek dans la garrigue en surplombant le Pont d’Arc et en remontant jusqu’à la Grotte Chauvet. Visite de celle-ci.

1° tableau – La longue marche, comme Mao

Une fois expédiées les formalités du petit déjeuner, chacun sait que les Ardents du Pied se consacrent pleinement à marcher et que déguster un bon petit déjeuner n’a qu’un caractère obligatoire pour eux, la troupe quitte le centre des Blachas pédibus, Rudi et son car se mettant en mode repos ce matin.

Le parcours goudronné sur les premiers km longe la falaise et a vue sur l’Ardèche qui nous fait des clins d’œil dans le soleil prometteur. 49 au compteur, une Claudie ayant préféré rester sous l’ombre verdoyante du centre. Dès les premières maisons de Salavas, une dislocation insidieuse s’opère et deux groupes avancent distinctement. Un suit le cours de l’Ardèche jusqu’au pont qui mène à Vallon et attend patiemment le deuxième qui va se payer tous les feux rouges du centre ville. Dommage que Bison Futé ait été mis à la retraite !

Vertige assuré au milieu du bel ouvrage d’art avec l’Ardèche et sa digue en contrebas. Nous voici maintenant dans Vallon, d’abord dans ses faubourgs puis, au fur et à mesure de l’avancée en file indienne, dans le cœur du gros bourg. La rue principale, déjà largement accaparée par les chalands attirés par le marché hebdomadaire, se voit totalement obstruée par des Ardents en quête de bonnes affaires. Oui, mais rapides les occases !

L’extraction et le regroupement s’effectuent enfin et toute la troupe se retire de la vie publique à hauteur des vignes léchant la périphérie. Un moment de flottement inhérent à toute marche non reconnue, des esprits bien éclairés voulant tirer qui à hue qui à dia et, enfin, la bonne direction est confirmée par nos amis GPS enfin d’accord entre eux. Photo des trois cerveaux du séjour, Chantal et ses deux presse-livres, Bernard et Bernard.

Un dernier petit goudron pour s’échapper définitivement de cette civilisation qui nous envahit et le couvert est mis nettement. La forêt prend le dessus et le chemin devient un sentier étroit où les Ardents se mettent en file.

Une incertitude à hauteur de Joncier, des retrouvailles inespérées et le bon rythme est trouvé. Passage dans les maisons de La Combe Saint Pierre à mi-pente et la troupe file, file, file vers l’Ardèche en délaissant un petit OK Corral pour chevaux en pension. Juste le temps de rafraîchir des ripatons en début de surchauffe au contact de la rivière et la marche reprend.

Les hostilités commencent avec la prise du GR qui veut absolument grimper jusqu’au point de vue de La Combe d’Arc. Le site va se mériter avec une masse d’efforts à offrir en partage, les virages succèdent aux virages et, comme les poêles Téfal, longtemps on ne sera pas au début d’en voir la fin. Ouf, le sommet est atteint, le sac à dos jeté contre les poteaux indicateurs et le regard jeté en direction du Pont d’Arc à nos pieds n’en croit pas ses yeux (osé). De pont point (chez les pompiers, c’est pin-pon) car l’ouvrage d’art est dissimulé par une forêt très protectrice. Par contre, la vue sur le parking est superbe. Promesse est faite de se rattraper samedi.

Après une petite collation, la marche reprend ensemble jusqu’au carrefour de La Combe Longue. Là, une grosse poignée d’intrépides décide de rallonger de près de 6 km un trajet déjà long. Un autre groupe de marcheurs du Rhône joue au jokari avec nous, ils partent devant, on les rattrape, ils nous redépassent, etc… Une belle montée mi-ombre, mi-soleil attend nos Ardents qui y dégazeront quelques toxines.

Un regroupement au sommet de la côte, une courte tirade sur du plat pour mieux descendre au centre de la terre dans des lacets interminables où Nadine laissera quelques arpents de peau de son coude.

De l’autre côté de la roulante dép 4, se profilent les bâtiments de la Caverne du Pont d’Arc appelée Grotte Chauvet. Remettez une thune dans le bastringue si vous voulez connaître la suite …

2° tableau – Une concurrente sérieuse pour notre Lascaux

L’arrivée dans ce vaste complexe va se faire au fil de l’eau tant des écarts significatifs sont constatés sans parler de nos illuminés de la marche qui voulaient absolument voir le pont que tout le monde verra samedi. Une organisation des services d’accueil que ne risquent pas de nous piquer les Allemands laisse passer au check point certains Ardents mais pas d’autres.

Un flottement certain aussi dans la recherche de la cafétéria positionnée au diable vauvert. Mais où vont-ils donc chercher tout ça, les organisateurs ?
Une attente, tempérée par un breuvage venant dans des gorges desséchées réguler une hygrométrie dans le rouge, une arrivée très tardive mais sur le gong de nos stakhanovistes de la marche et enfin un positionnement derrière le cordon de l’entrée et la visite peut commencer.

En amuse-gueule, petite déambulation dans la salle des animaux empaillés, petit Musée Grévin bestiaire, où trônent grand cervidé, ours, lion, mammouth et homo erectus. Puis passage dans LA grotte, en fait une réplique, le Lascaux 4 de Chauvet en quelque sorte. Par peur d’effrayer les animaux peints au carbone sur les murs, magnifiques fresques révélant des talents certains chez nos ancêtres, les petits oiseaux des appareils photos sont interdits et seuls les yeux des Ardents seront impressionnés par tant de talent. 600 m de galerie avec une avancée type Ikea réglée au millimètre et enfin une sortie dans la lumière avec tant de belles images encore dans notre vision

VISITE DE LABEAUME, MARCHE LABEAUME-ROSIERES, VISITE DE JOYEUSE ET D’UNE CAVE

Vendredi 6 mai 2016

Du car pour attraper le village de Labeaume et le visiter, marche à partir de celui-ci jusqu’à Rosières avec pique-nique, visite de Joyeuse la voisine et saut de puce jusqu’à la cave vinicole de Lablachère pour une dégustation

1° tableau – Et un village de plus dans notre escarcelle, Labeaume

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Un petit bout de route à faire dans le car de Rudi pour atteindre ce village de caractère baigné par la Beaume, affluent de l’Ardèche qui n’est jamais bien loin. Les maisons toutes anciennes s’accrochent pour certaines aux falaises abruptes du plateau des Grads jouxtant des rochers ruiniformes et autres baumes, ces cavités qui constituaient un habitat troglodyte il y a quelques siècles. Typiques aussi les faisses, ces terrasses nichées dans de petits espaces, habitées pour la plupart mais aussi ces belles demeures à arcades à découvrir souvent au bout des nombreux passages voûtés. La maison perchée au sommet de l’immense rocher est l’ancien château des lieux, bien visible depuis la grande place du Sablas au frais sous ses platanes centenaires. En se retournant vers la rivière, vue sur le pont submersible à la dizaine de piles menant à Auriolles, un autre village. Pour bien le voir, se mettre pile face aux piles. La visite de la bourgade est libre, le dédale des vieilles rues toutes en pente pas traumatisant car le village est petit et le car de Rubi bien visible sur les hauteurs à l’entrée du bourg.


2° tableau – Et une marche de plus dans notre escarcelle, Labeaume-Rosières

La troupe reconstituée après la grosse demi-heure de la visite piaffe déjà d’impatience. Le top départ est donné, le village écorné au passage sur le côté de l’église paré d’un cadran solaire canari, le pont est touché des yeux et le groupe prend la plage de gros galets pour mieux remonter le courant. Court passage herbeux pour aborder ensuite la rocaille et les gros blocs de pierre qui s’élèvent sur le bord du cours d’eau. Le spectacle est beau, le cadre superbe, la vue imprenable et un gros effort nécessaire sur le chemin escarpé, on est vraiment entré dans le vif du sujet.

De nombreux arrêts, quelques chutes sans gravité à raconter aux copains après la marche comme ces explorateurs qui font 8 jours de brousse et 9 mois de conférence salle Pleyel et ailleurs. Une petite route est atteinte, un petit muret sympathique pour se reposer et le parcours reprend. Les chemins sont maintenant ceints de murs de pierre, des capitelles (bories) se dénichent dans notre environnement immédiat, les micocouliers se taillent la plus belle part, une étrange ferme, petite arche de Noé avec des lamas ou vigognes, interpelle. Pas vus cependant les dolmens pourtant présents dans le secteur ni la pile de La Bigounette (oui, avec un B).

Le secteur de Chapias est touché, d’abord par sa tour avec VGE en vigie, pas Valéry Giscard d’Estaing, mais une vierge qui s’est positionnée si haut pour tenir à le rester (à méditer). Puis le petit hameau éponyme à la petite chapelle de la Délivrance (« Seigneur, délivrez-nous du mal, … »), accueillis par un autochtone qui trouve enfin à qui parler. A la croix de mission bien postée dans son carrefour, le tracé oblique à gauche et part tout droit un bon bout de temps. Puis c’est le calvaire, le profil s’incline dangereusement, le revêtement se pare de cailloux gros et petits unis dans leur adversité aux ennemis que nous sommes, la pente s’incline encore et les glissades sont à redouter. A hauteur du modeste cours d’eau qui trouve son passage sous un petit pont antédiluvien, les difficultés sont encore prégnantes et la troupe est écartelée.

Le regroupement va se faire en prenant du temps aux abords des rangs de vignes au travail soigné annonciateurs de civilisation. Plusieurs hectomètres de plat abordés en franche allure, l’estomac commence à se ranger dans la liste des contestataires car l’heure du repas est largement dépassée mais l’objectif de Bernard l’Ardéchois est d’atteindre Rosières et son gué. Enfin, la chose est faite et les Ardents trouvent dans cet endroit naturel un cadre idéal pour sortir les victuailles du sac. Et leur estomac fume enfin le calumet de la paix.

3° tableau – Pas si Joyeuse que ça la voisine de Rosières

Une fois le ventre bien rond, la troupe finit de passer le gué de Rosières où se profile le petit village de Joyeuse. L’occasion est saisie de visiter cet endroit dont le nom est déjà tout un programme. Comme le roi d’Israël et Cocteau avant nous, l’expression qui nous vient tous à la bouche est « Hélas, trois fois hélas ». Joyeuse mériterait plutôt le qualificatif de Tristounette. Malgré des sites potentiellement des atouts comme le vieux château des ducs de Joyeuse, la maison la Castellane, le collège des Oratoriens ou l’hôtel de Montravel au nom bien de chez nous, l’impression générale est un côté pas « risou risou ». Seule la colossale église du 17° aux belles estampes historiques à ses pieds rehausse un peu le pessimisme ambiant. Vite, on remonte dans le car, d’autant plus qu’il nous reste encore une carte à abattre. Les palais, les nôtres, en salivent déjà !

4° tableau – Pas une grotte, mais une cave (grotte en anglais)

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Lablachère et sa cave. La visite restera comme un bon moment. La troupe investit presto l’endroit et se dirige direct vers le comptoir comme une portée de cochonous vers Mère Truie. Une méga dégustation s’en suit où le volume sonore de la salle s’amplifie de minute en minute. Des achats conséquents au détriment du poids total en charge du car se font et le véhicule repart bondé de chez bondé.

UN ARRET MINUTE AU PONT D’ARC SUIVI D’UNE BALADE A 2 NIVEAUX LE LONG DE L’ARDECHE

Samedi 7 mai 2016

Sur la route des exploits, petit arrêt pour admirer un chef d’œuvre de la Nature, le Pont d’Arc, et, séparés en deux groupes, une balade hard le long de l’Ardèche pour les plus résistants et une visite de grotte et une petite marche pour les plus prudents.

1° tableau – Un pont jamais trop loin, le Pont d’Arc

On n’avait vu de lui que l’écrin de verdure qui le protège des regards aériens l’avant-veille. Cette fois-ci, promis-juré, on allait, sinon le toucher mais au moins le voir, l’admirer, le photographier, « se selphier » avec lui. Avant ce moment tant attendu, les soubresauts du car faillirent bien nous faire restituer le petit en-cas pris au réfectoire. Un coup de patin sur le parking dédié à la Beauté, un car qui se vide aussi vite que les soutiens de Hollande, quelques enjambées jusqu’au bord de l’Ardèche et le voici. Porte d’entrée des Gorges de l’Ardèche, cette arche naturelle est haute de 54 mètres et longue de 59 (c’est pour Milou l’érudit qui sait presque tout). Elle est le produit du travail de l’eau qui a taillé inlassablement dans le calcaire. Elle est la fierté de milliers de canoéistes qui passent dans son ombre chaque jour. Lieu d’exception, les 49 Ardents du Pied présents ce matin pourront dire à leurs descendants « J’y étais ! » Mais, comme dit le bûcheron payé à la pièce, il faut rompre le charme et repartir. Aujourd’hui, y a du boulot !

2° tableau – Le 13° travail d’Hercule pour nos 20 Ardentissimes

Le car négocie à la Alain Prost plutôt qu’à la Jean Alési, terribles les graviers, les mortels virages de la D 290. Dans un semblant de ligne droite, il freine des quatre fers et se déleste de 20 Ardents parmi les plus fous. La séparation entre les deux groupes est pathétique, se reverra-t-on un jour ? et commence là, à hauteur du dolmen de Chanet, un des 800 que compte le département, leur long périple de 17 km environ. Photo souvenir proche du précipice, sans la blague traditionnelle « Recule, recule » et le mouvement est lancé.

Une queue leu leu obligatoire pour les 5 femmes et 15 hommes (une quasi parité) qui constituent la horde. Avec toujours l’Ardèche comme fil conducteur visuel ou sonore par la présence de plus en plus marquée des canoës et kayaks. Passage sans s’arrêter au bivouac de Gournier où de multiples sportifs s’affairent autour de leurs matériels. Et l’odyssée continue, les relais sont courts, l’allure soutenue, les pauses tolérées pour des vues sur la rivière toujours bien léchées.

Une éminence, forcément grise, se détache des rochers au surnom de cathédrale qui annonce le cirque de La Madeleine à l’entrée duquel le groupe décide de pique-niquer. Les pieds dans l’eau pour certains, à se dorer sur de gros rochers pour d’autres, « Seul sur la plage, les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau » chantait le poète, tous profitent, tout en s’enfilant derrière la cravate le contenu du panier repas, du spectacle sans cesse renouvelé de tous ces frêles esquifs qui défilent sous leurs yeux. Comme sur un tandem, souvent la femme est à la tâche à l’avant tandis que l’homme est plutôt en mode pépère au fond du canoë. A dire vrai, c’est le courant de la rivière qui fait l’essentiel du travail. Vu passer le canoë du Marquis de Ramefort bien avant celui du Baron de Souqueferme.

A la reprise, à hauteur de la grotte Saint Marcel squattée par une troupe venant du Périgord, on le saura après, un passage difficile interpelle nos Ardents. L’itinéraire passe par une cheminée, forcément verticale, suivie d’un boyau horizontal où les corps sont obligés de ramper sur le dos et de rentrer ventre et pectoraux (au moins le ventre) pour s’en extirper. Et avec sortie sur le vide. Bonjour la peur ! La grande chaleur est de sortie, les lunettes de soleil de rigueur avec une pensée émue pour les habitantes du Caire qui souffrent aussi des hautes températures. Oui les Cairotes sont cuites.

Le reste sera plus aisé (comme la mouche) à marcher, très prudemment tout de même, sur de larges plaques de rochers qui font balcon au-dessus de l’eau et Sauze se profile, sa civilisation retrouvée, son petit bar avec terrasse bien aérée et sa mousse bien fraîche. Pas grand Sauze, juste ce qu’il faut ! Le bonheur retrouvé avec l’autre groupe. La réunification se passe dans un brouhaha fait de tant de choses à se raconter.

3° tableau – Et, pendant ce temps-là, l’autre groupe … (Chantal, qui a fait partie de ce groupe, invitée à passer à table, nous raconte :)

« Il est 10 H 20 lorsque le bus nous arrête au niveau de la grotte Saint-Marcel. Vite, la première visite débute dans 10 minutes. Il nous faut 20 personnes pour constituer un groupe et bénéficier de deux gratuités. C'est un peu la panique car nous ne sommes que 19 intéressés mais Simone se dévoue pour faire la vingtième. Nous voilà propulsés dans le couloir sombre où la visite a déjà débuté. C'est presque la descente aux enfers tellement c'est impressionnant. Cependant, l'émerveillement va vite faire place à l'appréhension. La température est de 14° et elle est constante. Nous entrons dans un univers féérique sur les traces d'une rivière fossile dont l'impact des vagues au cours des millénaires se traduit par des gravures ondulantes dans la roche environnante (c’est beau !). Cette grotte a été découverte en 1836 et offre, pour l'instant, 57 km de galeries, aux somptueuses et étranges concrétions. Notre imagination, avec l'aide de notre guide et des deux sons et lumière proposés, vagabonde au gré des salles immenses que nous longeons. Nous découvrons, entre autres, la fontaine de la vierge et la cascade des gours de plus en plus belle au fur et à mesure des jets de lumières multicolores. Le retour à la lumière par les 216 marches se fait sentir dans nos jambes et notre souffle.

Dehors, nous retrouvons le reste de la troupe pour débuter une petite randonnée de 3 km sur un sentier découverte appelé le "Chemin de la Grosse Pierre" sur lequel nous allons trouver un endroit pour pique-niquer. Quel joli parcours, paisible et verdoyant ! Dix points remarquables jalonnent le sentier bien balisé. Nous allons découvrir par exemple un pistachier, un menhir, deux chênes, un dolmen, une charbonnière…

Mauvaise surprise, au moment de repartir à pied jusqu'à Saint-Martin d’Ardèche, le responsable de la grotte, en discutant avec Bernard l’Ardéchois, nous dissuade de poursuivre à pied par les gorges : en effet, la partie que nous devions emprunter est, en fait, la plus difficile. D'où notre changement de programme : bus jusqu'à Sauze et promenade sur deux kilomètres en direction de Saint-Martin où notre chauffeur nous attend. Bernard nous quitte pour rejoindre les siens dans son village en Ardèche. Lors de notre balade, nous avons pu profiter d'une vue magnifique sur le village perché, d'Aiguèze, une véritable forteresse du XIe-XIIe siècles, au-dessus de l'Ardèche mais qui se trouve dans le Gard. Quelques regrets : de Saint-Martin, nous aurions pu aller visiter ce village en empruntant le pont métallique qui traverse l'Ardèche. » Merci Chantal.

RETROPEDALAGE VERS CHANCELADE

AVEC PAUSE CULTURELLE AU PUY

Dimanche 8 mai 2016

Moins connue que la retraite de Russie, la retraite vers leurs terres chanceladaises sonne, ce dimanche, pour les 50 Ardents du Pied. Petite halte culturelle pour visiter le Vieux Le Puy et s’imprégner de l’ambiance des jacquets (pas Bernard, les vrais !)

Premier tableau – Le Puy en gros plan car vue à travers ses lentilles

La troupe ne chôme pas ce dimanche matin pour débarrasser le plancher des bungalows. En deux coups de cuiller à pot, les appartements sont vidés, balayés, rendus propres à être investis de nouveau dès notre départ. Le car de Rudi se remplit de tant de bagages, n’oublions pas les quelques bouteilles achetées à la cave, miracle tout trouve place et le car peut coller à la route.

Le département Ardèche est remonté entièrement, nous passons dans la Haute Loire voisine et nous atteignons Le Puy. Une pause de deux heures est gracieusement accordée par notre cheftaine pour s’emplir les yeux et le ventre. La visite de la vieille ville se fait par grappes qui se dissolvent au fil de l’avancée. A partir de la place de l’Hôtel de Ville noircie par des militaires paradant pour le 8 mai, la visite commence vraiment et les rues et ruelles en forte pente dirigent vers un seul but, la cathédrale. Sur les trottoirs, bien des magasins ouverts proposent dans leurs belles vitrines les deux produits phare de la ville, la dentelle et les lentilles.

La cathédrale, du haut de ses 134 marches dures aux miséreux, dit la chanson, est investie en ce dimanche matin par une impressionnante foule de fidèles et toute visite touristique est proscrite. Faudra revenir comme candidat au pèlerinage de Compostelle. Déjà, dans les rues adjacentes, des pèlerins tournoient en cherchant la bonne orientation de départ, un peu comme les grues dans un ciel pré-hivernal.

Le timing serré de la cheffe, néologisme tout frais, exige un temps pour une restauration sur le pouce près du car retrouvé. Un broum-broum salue une dernière fois Le Puy et le car roule, roule, roule pour nous permettre de regagner notre cher Chancelade pour d’autres aventures.

Dernier tableau – Ont pris plaisir à participer à cette superproduction

Danielle et Patrick, Claudie et Richard, Jacqueline et Bernard, Odile et Christian, Chantal et Augustin, Mauricette et Paul, Geneviève et Jean-Claude, Monique et Marc, Joëlle et Alain, Christiane et Gérard, Lily et Georges, Annick et Christian (Polo), Yolande et Régis, Nadine et Michel, Claudie et Jacques, Marie et Gérard, Monique et Christian (Milou), en union

Cathy, Christine, Marie-Chantal, Bernard l’Ardéchois, Raymonde, Maryse, Colette, Roseline, Bernard J, Nanette, Mireille, Simone, Rémy, Monique R, Alain, Josette en éléments détachés

Qu’ils soient tous remerciés pour s’être si bien comportés, Rubi n’en revenait pas, et tous ont obtenu leur visa pour partir au Portugal.

Un merci spécial à Bernard l’Ardéchois, Chantal et son adjoint Bernard ainsi qu’à notre présidente Mireille pour, comme Ducros, s’être autant décarcassés.

Texte et photos de Christian Brégéras (Casquette Blanche) Mise en écran de Gérard Legrand